Factorio

Published by Richard Dern on in Video games. Download as PDF

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Factorio est un jeu de construction disponible via FaviconSteam, FaviconGoG et Faviconle magasin officiel. Si le fait que le jeu est en early-access depuis février 2016 et qu'il est vendu pour 25€ vous freine, vous avez toujours la possibilité d'essayer une Favicondémo. En ce qui me concerne, j'en suis à près de 800h de jeu. Pour un jeu payé 25€. Moi je trouve que c'est très, très honnête.

Dans Factorio, vous êtes un explorateur de l'espace, et, manque de bol, vous vous crashez sur une planète inconnue. En tant que meilleur (et seul) ingénieur sur cette planète, vous allez devoir, à la force de vos bras, récolter des ressources, créer tout un tas de machines, découvrir des technologies, jusqu'à être capable d'envoyer un satellite à votre planète-mère pour qu'on vous retrouve.

Il y a tellement de positif dans ce jeu, tellement d'éléments bien pensés, je ne sais même pas pour où commencer ! Malheureusement, souvent, ça sera une affaire de goûts, comme vous allez le voir dans les paragraphes suivants.

Factorio banner

Commençons avec l'esthétique. Bien qu'en haute définition, on est sur un jeu qui joue la carte des "gros" pixels, des sprites, des mouvements simples. On ne peut pas dire que le monde soit vivant. Bien que vous ayez la possibilité de jouer avec des extraterrestres qui vont vouloir vous punir de polluer leur planète, leur comportement est plus celui d'un opposant dans un jeu de stratégie que la faune sauvage de Skyrim. Mais on peut aussi jouer sans, histoire de baisser la difficulté d'un cran: le monde où l'on évolue est vide. Pas un oiseau, pas un mammifère. Même les arbres sont prêts à mourir. Quelques poissons toutefois, qu'on enverra plaisamment dans l'espace, pied-de-nez à FaviconH2G2.

Malgré cette ambiance un peu morne, les biomes sont relativement variés: du désert... désertique (pas même un arbre ou un roc) à la forêt luxuriante, on trouve un peu de tout, dans toutes les teintes, et c'est agréable à l'oeil. Mais compte tenu du positionnement de la caméra (au dessus du joueur et elle le suit en permanence), il y a peu d'espace pour faire du tourisme. Manquent encore à l'appel les reliefs, même si les falaises ont récemment fait leur apparition. C'est une jolie 2D, mais ça reste de la 2D, et pour l'instant, le moteur graphique ne gère la profondeur que comme un vieil Alerte Rouge. Ca fonctionne, mais on aimerait voir plus, et mieux.

De toute façon, on n'est pas là pour faire du tourisme, encore une fois. On a une fusée à construire ! Vous débarquez au milieu d'un croisement entre des gisements de charbon, de fer, de cuivre, et, si vous avez de la chance, de pierre, et vous n'avez qu'une hache en main. Vous comprenez maintenant comment j'ai occupé mes 800h de jeu ?

Au début, on mine. Et quand on aura miné assez, on pourra construire des machines qui vont le faire pour nous. Et puis des machines pour constuire des machines. Des machines pour nous défendre. Des trains, aussi, et puis des canons, des voitures et des tanks, et les munitions et obus qui vont avec. Et un jour, par on ne sait quel miracle, on fini par envoyer notre fusée. Sauf qu'on a oublié d'y placer le satellite. Alors on attend la suivante, et on met le satellite, et fin de partie. Et là, on se dit: "Hum, et si j'avais construit plus de mines de fer ? et cherché plus de packs de sciences bleues ?". Et là, une irréprécible envie d'y retourner, de faire mieux que la première fois. Mais, merde, il est déjà 3h du matin...

Si FaviconCivilization est à l'origine de l'expression: "Allez, encore un tour !", Factorio est décidément à l'origine de: "Allez, encore une heure !".

Une fois la première partie terminée, gros sentiment de frustration typique du mec qui accompli un prodige (partir de rien, et envoyer une gigantestque bouée à la mer pour être sauvé), mais qui ne l'a pas accompli de la "bonne" façon. Parce que factorio fait partie de ces jeux où vous pouvez atteindre l'objectif, mais où vous pouvez aussi faire tellement plus.

Au-delà de simplement chercher à optimiser sa base, la protéger des attaques extérieures, de produire plus, gagner plus de packs de sciences, envoyer plus de satellites, et, ultimement, avoir Faviconla plus grosse putain de base de l'histoire du jeu, il y a aussi ce qu'on y apporte: notre psycho-rigidité ou notre désinvolture, qu'on soit organisé ou bordélique, on fini par y faire face, et nous transforme, humainement. Moi, par exemple, je sais que je suis un taré de l'ordre, obsédé par la symétrie et de l'ultra-optimisation. Ben quand tu le vois dans ta façon de réaliser ta base, tu te dis que c'est cool 🤩

Après, tu atteints le stade du furieux: une fois qu'esthétiquement, ça te plait, alors tu passes à l'optimisation. FaviconTu sors les feuilles de calcul: cette machine produit cette ressource à raison de 25e/minute, combien de machines il me faut si j'en ai besoin de... hum... 2570 ? Oh shit... Pas assez de fer... Bon alors, j'en suis à 4 lignes de fer, il m'en faut, voyons voir, ... 24. Ah ouais, quand même. Putain mais je croyais que j'était tout avancé moi ! 😫

Et là, on commence à construire des robots. En masse. Une armée qui ferait baver la matrice, terminator et i-robot. Et là, tu te laisses aller. C'est comme au MacDo: t'as besoin d'un truc ? Tu le commandes depuis ton inventaire, un robot va te l'amener. Et puis, tes blueprints que t'as laissé en plan, ça y est, ils sont construits. T'as plus rien à faire. Enfin, si, surveiller que tout fonctionne au poil. Et pour ça, rien ne vaut le réseau logique, qui, grâce à certaines machines, va te permettre de monitorer ta production, couper les sections de l'usine qui n'ont plus besoin de jus, etc.

D'ailleurs, en parlant de jus. Au début, tu fait pédaler des rats dans la cave. Non, tu construits une centrale thermique, mais elle va vite montrer ses limites. Faudra passer au nuléaire, puis au solaire. Tout en trouvant un moyen de conserver du combustible pour les trains. Sinon, pas de marchandise !

Finalement, tu as envoyé ton satellite dans l'espace (ou ton poisson), t'es content de ta base, ça tourne bien, pas de goulot d'étranglement, t'es fier, mais frustré: y'a quoi après ?

Ben, rien. Tu coupes le jeu, et tu n'y retouches plus pendant, disons six mois. Et là, à un moment de ta vie où tu te fais grave chier, tu te dis: "Aller, je vais me faire une petite partie de Factorio !". Sauf qu'ils ont bien bossé depuis tes six mois de vie sociale. Et quand vient le moment de passer à table:

One last turn...

Et c'est comme ça que Factorio s'est hissé à la première place de mon classement Jeux-vidéo.

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